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  • Mégafeux, la fin d’un monde

    Depuis une semaine, je regarde les images des mégafeux.

    Des forêts qui disparaissent.

    Des villages évacués.

    Des pompiers qui risquent leur vie.

    Et je ressens un mélange de colère et d’impuissance.

    Je pense aussi à ma fille. Je me demande dans quel monde elle grandira.

    Est-ce que, dans vingt ans, l’été sera devenu la saison où l’on compte les hectares brûlés, les maisons perdues et les morts ?

    Est-ce qu’elle trouvera normal de vivre avec des canicules à 45°C, des restrictions d’eau permanentes et des paysages dévastés ?

    Est-ce qu’un Paris à 50°C sera devenu une simple information dans le journal du soir ?

    On nous explique qu’il faut trier nos déchets. Acheter une voiture électrique. Changer nos ampoules. Consommer « responsable ».

    Comme si le problème était d’abord celui de nos comportements individuels.

    C’est faux.

    Les mégafeux ne sont pas une catastrophe naturelle.

    Ils sont une catastrophe politique.

    Le réchauffement climatique n’est pas un accident.

    C’est la conséquence directe d’un système économique fondé sur une idée simple : produire toujours plus, extraire toujours plus, vendre toujours plus, quel qu’en soit le coût humain, social ou écologique.

    Et pourtant, à chaque catastrophe, les mêmes responsables versent les mêmes larmes de crocodile.

    Ils remercient les pompiers.

    Promettent des plans d’adaptation.

    Parlent de résilience.

    Annoncent quelques milliards pour réparer demain ce qu’ils continuent à détruire aujourd’hui.

    Ils refusent toujours de s’attaquer à la racine du problème.

    Parce que remettre en cause le système, ce serait remettre en cause les intérêts de ceux qu’ils servent.

    Et pendant que les plus puissants trouveront toujours un refuge, une résidence plus fraîche ou les moyens de partir, ce sont les plus fragiles qui paieront le prix.

    Les enfants.

    Les personnes âgées.

    Les travailleurs exposés.

    Les habitants des logements mal isolés.

    Celles et ceux qui n’ont pas les moyens de fuir.

    Comme toujours, les catastrophes climatiques aggravent les inégalités sociales.

    Le capitalisme vert est mort-né.

    On ne résout pas une crise provoquée par la recherche infinie du profit sans remettre en cause cette logique elle-même.

    Un système fondé sur l’accumulation, la concurrence et la croissance permanente ne peut pas devenir durable.

    Il ne fait que déplacer les destructions.

    Nouvelles pollutions.

    Nouvelles inégalités.

    Nouveaux sacrifices.

    Le problème n’est pas la couleur du capitalisme.

    Le problème, c’est le capitalisme lui-même.

    À mesure que les catastrophes climatiques se multiplient, les théories de l’effondrement paraissent de moins en moins relever de la fiction.

    Face à cette perspective, deux réponses s’affrontent.

    La première est individuelle.

    Se protéger.

    Acheter une climatisation.

    Quitter les grandes villes.

    Construire des refuges.

    Espérer faire partie de ceux qui pourront tenir un peu plus longtemps.

    L’autre est collective.

    Reprendre le contrôle de ce que nous produisons, de ce que nous consommons et de ce que nous décidons démocratiquement.

    Rompre avec la logique du profit qui détruit les conditions mêmes de la vie.

    Choisir la solidarité plutôt que la survie.

    Je refuse que ma fille grandisse avec cette éco-anxiété qui devient la norme pour toute une génération.

    Je refuse qu’on lui apprenne qu’il n’y a pas d’alternative.

    Qu’il faudrait simplement apprendre à vivre dans un monde qui brûle.

    Non.

    L’histoire n’est pas écrite.

    Les sociétés ont déjà renversé des systèmes qui semblaient éternels.

    Le nôtre ne fait pas exception.

    Il ne s’agit plus de corriger les excès du système.

    Il ne s’agit plus de le moraliser.

    Il s’agit de le dépasser.

    Parce que continuer comme aujourd’hui, ce n’est pas choisir le réalisme.

    C’est choisir la catastrophe.

    Les mégafeux ne sont pas la fin du monde.

    Ils sont l’annonce de la fin d’un monde.

    À nous de choisir lequel naîtra après lui.

    Auteur : Hadrien Bortot

  • La canicule est politique : en vigilance rouge, le PCF ouvre ses portes !

    La canicule est politique : en vigilance rouge, le PCF ouvre ses portes !

    Quel spectacle incroyable on pouvait vivre, et voir, ce samedi 11 et dimanche 12 juillet 2026 sous la coupole du siège du Parti communiste, née dans les années 70 d’un rêve de l’architecte communiste Oscar Niemeyer !

    On y voyait des jeunes, des personnes âgées, des bébés, des ados, des parents, des femmes enceintes, des personnes précaires, des personnes habitantes de tout l’est parisien, des voyageurs désargentés, les voisines et voisins de la place du Colonel Fabien, des camarades, le sénateur communiste Ian Brossat, des passantes, le tout sous la vigilance fraternelle des camarades de l’Accueil Sécurité (AS) du Parti.

    Tout y était possible, dans la fluidité de l’évidence. Parler, ou se taire, s’étendre sur les courbes de la moquette, douce et verte comme une pelouse, rêvasser sous ce plafond infini et hypnotique, travailler, lire, téléphoner, voir les enfants courir, jouer aux cartes, échanger avec des personnes inconnues, s’installer dans un des recoins de béton, entre deux tentures colorées de l’exposition de Babi Badalov – Utopia Utopia.

    Oscar Niemeyer en aurait été très heureux, lui qui rendait possible la justice sociale dans la matière et dans la beauté de l’architecture.

    On pouvait y vérifier, une fois de plus, la prouesse acoustique de ce lieu, celle d’y trouver un peu de silence pour soi, parmi les conversations et les murs de l’exposition, une bulle sous la bulle, dans ce lieu qui donne cette sensation troublante d’un futur où tout reste possible. Droit à la fraîcheur, droit au bien-être.

    Première initiative d’une longue série ? C’est fort probable.

    Ian Brossat, sénateur communiste de Paris, a déposé une proposition de loi le 8 juillet [lien], née du refus que les classes populaires devraient subir les conséquences d’un habitat inadapté et d’un climat déréglé par le capitalisme. Il propose que soient ouverts au public dans la journée des espaces vides et climatisés en période de canicule, avec le concours de la préfecture.

    Pour rendre concrète cette proposition, le Parti communiste a ouvert son siège parisien, sans cadre politique.

    Voilà de la politique vivante : une ouverture inconditionnelle à toutes et à tous pour y trouver de la fraîcheur et du répit, dans la chaleur suffocante de ces derniers jours.

    Seul le Parti communiste reste capable de ces initiatives : un peu folles, et pourtant si merveilleusement évidentes et centrées sur l’humain, organisées sur une idée née chez quelques camarades en cette semaine suffocante de juillet 2026.

    Grâce aux camarades de l’Accueil Sécurité (AS), et à la mobilisation enthousiaste de toutes les sections communistes parisiennes (arrondissements et entreprises), cette initiative solidaire et fraternelle a pu s’organiser en moins de trois jours.

    Elle se reproduira, par nécessité, et c’est cela qui doit nous inviter à agir de manière populaire et militante, pour faire des canicules un enjeu pleinement politique.

    On en parle :

    Canicule : le PCF ouvre les portes de son siège à « celles et ceux qui souffrent de la chaleur » | France Inter

    Canicule à Paris : le siège du PCF ouvre ses portes les 11 et 12 juillet pour permettre aux Franciliens de se rafraîchir – Le Parisien

    Si jamais vous cherchez un peu de fraîcheur ce week-end

    Cartographe encarté 🔻🍉 (@cartococo.bsky.social) 2026-07-11T12:39:07.512Z