Ce matin une nouvelle évacuation a eu lieu dans le 19e arrondissement sur le campement de la honte Porte d’Aubervilliers. Il aura fallu la mort d’un jeune homme exilé de 28 ans pour que l’Etat agisse.
Cette 60e évacuation pourrait être une bonne nouvelle, si elle n’arrivait pas si tard, et ne reproduisait pas les mêmes erreurs que les 59 qui l’ont précédée depuis 2015. Les pouvoirs publics n’ont pas fait le nécessaire pour stopper cette mécanique infernale évacuation-création de nouveaux campements toujours plus précaires, en ne garantissant pas un hébergement et une prise en charge digne à chacune et à chacun.
Depuis 2018 et la fermeture de la bulle de la Chapelle la situation des exilé.e.s n’a fait qu’empirer à Paris. L’Etat laisse sans lieux d’accueil, celles et ceux qui arrivent dans notre ville, et les repousse sur les bords du périphérique, dans les bois et dans les friches industrielles.
Au delà des exilés, l’évacuation de ces campements pose le problème de la prise en charge des consommateurs de cracks dans le Nord Est parisien. Il faut que la préfecture de Police cesse la politique du coup de balai qui ne vise qu’à déplacer le problème. L’ensemble des acteurs de la prévention, de la santé et de la sécurité doivent permettre une prise en charge réelle et rapide des consommateurs de crack dans des lieux adéquats, et lutter contre le sentiment d’abandon des populations directement touchées par l’usage de cette drogue dans l’espace public.
Nous exigeons :
- La prise en charge pérenne et l’accueil inconditionnel des exilé.e.s.
- Que l’Etat assume son rôle et réunisse au plus vite une table ronde des acteurs de l’accueil associant la mairie et les associations.
- La réquisition des logements vacants afin de mettre un terme à cette situation indigne.
- La mise en œuvre d’un Plan Crack avec des moyens humains suffisants pour ouvrir des lieux d’accueil, de consommation à moindre risque, de prévention et d’hébergement des consommateurs.

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