Soirée exceptionnelle avec les camarades PCF Paris 19e de la JC et des habitant.es du 19eme ; soirée riche de débats, d’échanges – et d’émotions ! pour la soirée du 25 novembre autour du documentaire coup de poing «Un corps sans vie de 19 ans ».
Avant de commencer la projection, c’est d’abord la rue qui est sollicitée devant la section du PCF 19, en fin de journée. Distribution de violentomètre, contacts d’associations et autres outils de lutte contre les violences. La plupart des personnes, tous âges confondus, prennent le matériel, certaines s’arrêtent. La journée du 25 novembre commence à être connue, le caractère systémique des violences faites aux femmes aussi. Le violentomètre aussi. Les personnes le prennent quand même, pour diffuser autour d’elles. Prévention, sensibilisation, meilleure compréhension des mécanismes gradués de violences, échanges directs …
L’intensité du militantisme féministe se vit pleinement dans ces instants.
Place au documentaire, «Un corps sans vie de 19 ans » ; c’est d’abord un choc : celui d’une vie brisée à 19 ans dans un recoin du 19eme arrondissement il y a déjà 25 ans. Elle s’appelait Ginka, jeune fille bulgare, happée par la violence systémique de la prostitution et des réseaux de proxénètisme.
Un corps sans vie, c’est aussi ce corps exploité, violé, marchandisé, mal nourri, qui ne lui appartient plus, sauf, peut-être, dans de rares moments d’insouciance décrits par l’hôtelière.
Ce documentaire émeut profondément, mais il rappelle aussi combien ce sujet divise, questionne, dérange. Entre abolitionnisme, réalités du terrain, paroles de survivantes et débats féministes, il ouvre un espace où rien n’est simple, où chaque trajectoire impose de la nuance. Parler de Ginka, c’est affronter la brutalité, mais aussi la complexité des politiques publiques, des choix militants et des contradictions que porte notre société face à l’exploitation des femmes; c’est aussi une réalité inter sectionnelle trop souvent invisibilisée : une très grande précarité familiale, l’isolement et l’exclusion sociale, la vulnérabilité d’une jeune femme étrangère prise dans une filière d’exploitation en Europe de l’Est.
L’emprise aussi, qui se dessine dans son journal intime : celle que son proxénète, rencontré pendant une fugue, a construite autour d’une prétendue relation amoureuse, avant de l’envoyer dans les sinistres vitrines belges, puis sur les trottoirs du 19 ème. L’emprise qu’elle refuse, lorsqu’elle écrit « ne plus jamais vouloir ‘travailler’ « , deux jours avant d’être tuée de 22 coups de couteau, une nuit de novembre.
Être jeune, femme, migrante, pauvre, isolée … — autant de facteurs qui se croisent dans l’histoire de Ginka et de milliers d’autres , et peuvent créer un terrain où la violence s’installe, se répète, devient mortelle.




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