Ce matin, au lever du jour, nos camarades Gwenaëlle Austin et Camille Naget étaient présentes sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Objectif : veiller au bon déroulement de l’évacuation de dizaines de familles, dont des enfants et même des bébés, après huit jours passés dans un campement de misère, en plein soleil.
Cette opération, orchestrée par la Préfecture, s’est traduite par des orientations en régions. Des orientations qui suscitent légitimement de l’inquiétude : nombre de ces familles vivent, travaillent, scolarisent leurs enfants ou suivent des soins médicaux à Paris et en région parisienne. Certains ont des rendez-vous essentiels avec l’Ofpra ou les préfectures. Qui accepterait de tout quitter dans ces conditions ?
Malgré ces difficultés, le calme a prévalu, grâce au travail en amont des associations — Utopia 56, Médecins du Monde, France Terre d’Asile, Médecins Sans Frontières — et à l’engagement des équipes de la Mission d’urgence sociale de la Ville de Paris, notamment auprès des femmes seules avec de très jeunes enfants.
Mais derrière le calme apparent, la réalité est brutale :
Combien faudra-t-il encore d’évacuations, combien d’années pour comprendre qu’une mise à l’abri temporaire ne remplace pas un logement stable et digne ?
Dans un pays qui se targue d’être la sixième puissance économique mondiale, garantir à chacune et chacun un toit sûr et durable ne devrait pas relever du rêve inaccessible, mais être reconnu et appliqué comme un droit fondamental.
Face à la montée de la précarité et du sans-abrisme, nous affirmons : il faut une volonté politique claire et forte pour mettre fin à ces situations inacceptables. Cela suppose :
Un plan massif de construction et de mobilisation de logements sociaux,
La réquisition des logements et bâtiments vides,
Une politique d’accueil digne pour les personnes migrantes et réfugiées,
Le respect du droit au logement pour toutes et tous.
Parce que personne ne devrait dormir dehors, ni aujourd’hui, ni demain.

















